Me Thibault de Montbrial : l’importance du droit des victimes

Intervention magistrale de l’avocat Thibault de Montbrial lors du colloque de l’Institut pour la Justice au Sénat – 23 janvier 2012


Thibault de Montbrial sur le droit des victimes… par enquete-debat

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Ils torturent le bijoutier avec un fer à repasser

Le Parisien, 25 janvier

Trois malfaiteurs ont suivi discrètement ce commerçant d’une cinquantaine d’années (…)

Armés, cagoulés, gantés et munis d’une bonbonne de gaz lacrymogène, ils se sont engouffrés chez lui au moment où il rentrait. Le piège s’est refermé sur le bijoutier, sa belle-fille et une amie de cette dernière, tous ligotés et frappés. Proférant des menaces de mort, les gangsters ont également torturé le commerçant avec un fer à repasser et un marteau. Ils ont même utilisé une perceuse dans le but de lui extorquer le code de ses cartes bancaires et les clés de sa boutique. L’arrivée de l’épouse du bijoutier semble avoir mis les tortionnaires en fuite (…).

Quant au trio de tortionnaires, il s’est évanoui dans la nature en abandonnant son projet de braquage de la bijouterie.

Il reste que le nombre de vols à main armée contre les bijoutiers a augmenté de 33%. En 2011, pour les neuf premiers mois, il y a eu un braquage par jour.

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Océane, Agnès : lettre ouverte de JM Baye, président de Enfance et Sécurité

Jean-Maxime Baye, 20 novembre 2011

Océane, tu avais un prénom qui allait si bien avec tes grands yeux clairs. Tes yeux qui se sont fermés  sur l’horreur infligée par un être abject.

Et toi Agnès, au joli visage mutin et un brin boudeur entourée de cheveux châtains,
tu viens de prendre le sinistre relai sous la faux de la faucheuse,  martyrisée par un « camarade » d’internat dont nul ne savait qu’il avait déjà violé, dans un autre département, une autre jeune fille, déjà dans des conditions sordides, et qu’il fallait réinsérer avant même que de l’avoir jugé pour son premier crime.

Des  êtres  que la société protège, bien plus qu’elle ne vous a  protégées.

Vous n’avez  eu aucun avocat, au cœur de ces soirées  sinistres, pour vous défendre

Ils  ont eu  un avocat, dès le début de leur garde à vue au demeurant.

« C’est nouveau », « çà vient de sortir », pour renforcer les droits de l’homme
Pas ceux des enfants, pas ceux des victimes, jamais ceux des enfants et autres victimes…

Océane,  il t’a terrorisée, violentée, étouffée et  lardée de coups de couteaux, et pour toi, Agnès, retrouvée incendiée, le procureur, par égard pour ta famille, n’a pas souhaité révéler les conditions de ta mise à mort.

Se prendre à  songer à vos derniers instants, à vos  dernières pensées, c’est entrouvrir les portes de l’enfer.

(…) Océane, Agnès,  votre corps est froid et vos yeux éteints,  à perpétuité, comme la douleur de vos proches.

****

Pour lui, il paraît que la perpétuité serait inhumaine : 22 ans, 30 ans de prison  peut être, si le tribunal veut bien reconnaître qu’en plus de vous ôter la vie, il  vous a  torturées ou violées, voilà le « prix » judiciaire estimé de la vie d’un  enfant massacré.

Le plus atroce des crimes et, en contrepoint, la plus dérisoire des peines, dans l’absolu, car il ne faut surtout pas que vos  assassins désespèrent  de l’avenir….c’est ce que nous expliquent les grandes consciences  humanistes autoproclamées.

Elles viendront nous expliquer que vingt deux ou  trente ans, cela sera de toute façon très long pour votre bourreau. Comment  le réinsérer ensuite ? Parce que les grandes consciences humanistes n’ont que le mot réinsertion à la bouche  au risque de donner un nouveau permis de tuer un autre enfant…

Mais de cela elles se moquent  les grandes consciences humanistes qui  toisent avec mépris les pauvres « vengeurs- coupeurs de tête » qui n’ont  que le tort de s’ouvrir à l’émotion,  et qui n’ont, selon elles, que la « vengeance » à la bouche et dans le cœur.

L’émotion, un mot qu’elles détestent, comme elles détestent qu’une victime (ou sa famille) vienne exprimer sa souffrance et crier sa révolte. Cela  fait désordre. ..

Les grandes consciences humanistes ne s’émeuvent jamais, la raison froide et glaciale  est leur crédo.

Parce qu’une petite fille, une adolescente, une jeune femme  torturée ne doit pas émouvoir, mais un criminel en attente d’exécution aux USA, un détenu qui se plaint de l’enfermement,  alors là oui, oublieuses de la raison, elles sont prêtes  à mobiliser le monde  entier, au prix d’un déferlement de pathos émotionnel  et, parfois, des pires manipulations de l’information.

(…) Vos familles, Océane, Agnès, sont dans une grande souffrance. Qu’à cela ne tienne : on va organiser, on a organisé, pour canaliser l’émotion, une marche blanche. Il y a toujours des organisateurs prêts pour cela.

Mais quel est le sens de ces « marches blanches »  qui se précipitent de manière quasi systématique dans les rues à chaque nouveau drame sinon, au moins pour partie, et au-delà de l’émotion sincère de nombreux participants , de « moudre du compassionnel » pour faire oublier que nos « élites » politiques ont capitulé devant la violence  sauvage puisqu’elles ne veulent plus la combattre, mais l’expliquer et lui trouver des circonstances atténuantes en la médicalisant, en la psychiatrisant , en la « sociologisant » avec tant d’ erreurs de diagnostics à la clef….

Vous rendre hommage ce n’est pas simplement vous pleurer car on ne fait pas une Politique digne de ce nom pour protéger, prévenir,  et punir, avec le seul compassionnel.

****

De fait, votre  assassin, Océane, Agnès,  aura droit à un procès dans les règles, et même à deux s’il s’estime trop lourdement puni la première foi.  Des ténors du barreau se disputeront peut être l’honneur de le défendre. C’est toujours bon à prendre pour la notoriété. Et, au fil de leurs plaidoiries, il deviendra le plus pauvre homme de la terre,  la pauvre victime d’une société qui n’a pas su le soigner,  voire, pourquoi pas, de parents mal aimants ou d’un pédophile anonyme, c’est  toujours bon à placer, et si difficile à contredire….même si cela peut aussi, parfois, avoir joué un rôle.

Mais, à qui, vous,  avez-vous  pu faire appel  lorsque vous  avez été entre les mains cruelles de votre bourreau ?  Quelles circonstances atténuantes avez-vous  pu  invoquer auprès de lui pour atténuer sa férocité ?

Même pas celle d’être une enfant, une adolescente,  sans défense, innocente, et suppliante aux grands yeux emplis de terreur.

Et puis, de toute façon, vous  étiez  sa chose, vous n’étiez  pas pour lui un être humain qui souffrait.

Je sais, je ne devrais pas écrire cela : toujours l’émotion…..cette putain d’émotion, si mauvaise conseillère, paraît-il !…

Après un, voire deux procès, qui auront ouverts à vif les plaies béantes dans le cœur et l’esprit de vos parents, de vos familles, le rideau (re)tombera. Tout sera rentré dans l’ordre social. Votre assassin aura eu sa punition bien calibrée et judiciairement correcte parce qu’elle ne sera de toute façon jamais appliquée. Les psys, les avocats, les juges, les jurés, l’avocat général auront bien travaillé, chacun dans leur rôle,  leur comedia  del  arte judiciaire.

Et vos parents,  à défaut d’avoir pu recueillir la moindre explication ni même peut-être la moindre parole de regret (ne parlons même pas de pardon) auront sans doute l’indemnisation de la CIVI, « pour solde de tout compte » comme si l’argent pouvait racheter la douleur et compenser l’absence de vraie Justice….

Mais il est vrai que nos sociétés sont devenues très expertes pour « gérer » les victimes (ah les omniprésentes cellules de soutien psychologique…)  à défaut de tout mettre en œuvre pour qu’il  y en ait le moins possible…

Et d’ailleurs pourquoi  votre  meurtrier feindrait-il de regretter, pourquoi se résoudrait-il à demander pardon puisque il sait parfaitement que plus rien de fondamental ne peut lui advenir !

****

Le jour de vos  obsèques, il  y a eu, il y aura eu, beaucoup d’émotion, de pleurs, de douleur,  sans doute des roses blanches sur vos  cercueils,  peut être les bonnes paroles du prêtre…

Et puis vous partirez, à huit ans, à treize ans –  c’est si jeune et si  injuste de fermer les yeux à huit et treize ans – vers votre dernière demeure. Les mots ont-ils encore un sens devant l’absurdité du monde  qui enferme des visages d’enfants sous la chape froide et glaciale d’une pierre tombale, fut-elle couverte de fleurs et d’ex votos bouleversants.

Vous venez de prendre place, Océane,  Agnès, alors que vous aviez tant à vivre, dans l’interminable martyrologue des enfants massacrés, dans ce cortège de sourires espiègles ou graves, mutins ou enjoués, à jamais figés mais qui restent si vivants dans le cœur et l’esprit de celles et ceux qui se souviennent  et ne veulent pas vous oublier :

Car l’oubli est une deuxième mort. Et vous êtes une telle puissance de vie éternelle…

****
Et c’est cela, peut être avant tout cela, que nous voulons hurler à la face en  cire de ses politiciens frileux et tellement lâche, de ses journalistes qui s’autocensurent autant qu’ils censurent  toute expression d’ opinion « incorrecte », de ces experts qui ne cessent de se tromper à l’abri de leur incompréhensible jargon, de ces magistrats qui se défaussent et se protègent de toute leur puissance corporatiste, de ses avocats qui ne sont jamais à court d’une leçon de morale assénée avec toute la morgue que leur confère la robe noire…..

Pardonnez moi, Océane, Agnès, et vous toutes et tous, chers enfants assassinés ou disparus, qui peuplez de vos visages dont le souvenir ne peut s’effacer, depuis vingt trois ans, un combat difficile et douloureux, de m’emporter ainsi.

Mais  si même la souffrance et la mort injuste et cruelle d’un enfant ne parvient plus à mobiliser l’âme, la conscience,  l’esprit, et le cœur, alors mieux vaudrait que notre lâcheté calculée  prenne la place de votre jeunesse si avide de promesses sous cette pierre tombale qui scelle l’espoir et emprisonne l’espérance.

Fontainebleau, Dammarie, le 20/11/2011

Jean Maxime BAYE

Président de l’Association Enfance et Sécurité (1)

(1)    Auteur du live : Des Enfants assassinés. Témoignages et dossiers (FAYARD-Le Sarment : 1999)

A noter : des coupures ont été faites, avec l’accord de l’auteur sur le principe d’être coupé. L’intégralité de la lettre peut être communiquée sur demande

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Le violeur en récidive agresse quatre femmes

La dépêche, 24 décembre 2012

Hier matin, un homme de 21 ans a agressé sexuellement quatre femmes, en plein centre ville. (…) Ce natif d’Albi, déjà condamné pour viol, sortait juste de prison.

(…) En moins d’une heure, cet homme âgé d’à peine 21 ans, qui était fortement alcoolisé, s’en est pris à quatre femmes, croisées au hasard dans la rue. Les victimes, toutes majeures, se rendaient sur leur lieu de travail (…).

Cette affaire pose une nouvelle fois la question de la prévention de la récidive.

Le mis en cause avait été remis en liberté à la mi-décembre, après avoir purgé une partie des 5 années de prison auxquelles la cour d’assises des mineurs du Tarn l’avait condamné en 2009… dans une affaire de viol. Pour autant, il faisait l’objet d’un suivi socio-judiciaire strict, avec une interdiction de séjour dans le Tarn. Résidant dans un département des Pyrénées, il n’a donc pas respecté cette interdiction

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Un policier de la BAC témoigne et dénonce ses conditions de travail

Pensée policière, 10 janvier 2012

Denis est policier à la Brigade anticriminalité (BAC). Il fait partie des hommes envoyés en renfort à Grenoble où des policiers sont menacés de mort par des caïds de cité. Il a accepté de témoigner pour Le Point.fr sous couvert d’anonymat. Édifiant.

“Nos collègues de Grenoble ont leur nom et prénom tagués sur les murs du quartier de la Villeneuve. Et la seule réponse du ministère, c’est de les mettre au repos ou de les muter. Je suis dans la BAC depuis 10 ans. Aujourd’hui, je suis écoeuré. Une fois encore, on se couche devant les caïds. On nous a donné l’ordre de ne plus patrouiller en civil, de remettre nos uniformes pour ne pas être identifiés comme un flic de la BAC. C’est désastreux pour l’image. Les petits caïds se disent dans leur tête que les flics ont peur, qu’ils reculent. Parmi les policiers exfiltrés, il y a un major à deux mois de la retraite avec 15 ans de BAC derrière lui. C’est la honte.”

(…) Hier, on est tombé sur un type qui était au téléphone quand on s’est approché pour le contrôler. Je m’adresse à lui en le vouvoyant pour lui demander de mettre fin à sa conversation téléphonique, il me répond en me tutoyant : “Tu es qui toi pour me demander de m’arrêter de téléphoner. Personne ne me contrôle ici.”(…)

Il faut arrêter de verbaliser le citoyen lambda et s’attaquer aux caïds, aux dealers, aux braqueurs. Quand un jeune de 20 ans roule dans une X6 qui coûte 120.000 euros et qu’il ne travaille pas, c’est à lui qu’il faut confisquer la voiture sur le bord de la route.”

(…) Après 15 ans de police, sans le moindre problème, je me suis retrouvé du jour au lendemain mis en garde à vue, perquisitionné à mon domicile parce qu’un individu de cité, multirécidiviste, m’avait accusé de l’avoir agressé. Ce qui était faux. Mon service de nuit à peine terminé, je me suis retrouvé en garde à vue, puis mis en examen par le doyen des juges d’instruction. Pourtant, je suis un des flics les plus décorés de ma génération. Le doyen en question qui n’avait jamais mis les pieds dans un commissariat, ni même dans une voiture de flic m’expliquait comment il fallait que j’intervienne sur la voie publique. J’ai été suspendu durant neuf mois, privé de salaire. Je vivais avec 300 euros par mois. Si je ne suis pas mis une bastos dans la tête, c’est parce que mes proches m’ont soutenu. Au bout du compte, j’ai été relaxé par le tribunal. La parole d’un flic aujourd’hui ne vaut rien. Ni devant un jeune de cité, ni devant un juge, ni devant un élu. Le flic est un sous-citoyen.”

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Le meurtrier présumé pose torse nu en faisant le « V » de la victoire

Le Parisien, 6 janvier 2011

Les parents de Thomas poignardé à mort en 2010 à Sérignan ne décolèrent pas depuis qu’une amie de leur fils a découvert sur Facebook les photos du meurtrier présumé.
Incarcéré dans l’Hérault depuis le drame , le jeune homme de 19 ans est parvenu à ouvrir un compte personnel sur le réseau social depuis sa cellule.

Il pose torse nu en faisant le V de la victoire. Pour nous c’est atroce. On laisse faire n’importe quoi en prison » s’emporte le père de Thomas.

Maitre Luc Abratkiewicz avocat des parents vient de déposer auprès du parquet les pièces de cette affaire. Il veut ainsi déclencher une enquête administrative sur les facilités que pourraient avoir des détenus pour dialoguer avec l’extérieur en utilisant les réseaux sociaux.

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Un rapport parlementaire pointe les dysfonctionnements du fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles et violentes

AISG, 22 décembre 2011

Le FIJAISV (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’agressions sexuelles et violentes) assure un « suivi automatisé et individualisé des auteurs de violences sexuelles condamnés par la justice, qui sont soumis, par la loi, à des obligations variables de justification d’adresse ». Il a également été élargi à « certains auteurs de crimes et délits violents ». Ce fichier est « utilisé quotidiennement par les services de police et de gendarmerie, dans le cadre d’enquêtes portant sur des crimes et délits à caractère sexuel, afin de faciliter l’identification de leurs auteurs ». Les personnes inscrites au FIJAISV sont notamment soumises à « des régimes de justification d’adresse qui varient en fonction de la gravité de l’infraction commise ».

Suivi mensuel obligatoire peu appliqué et malaise des forces de l’ordre

Le régime mensuel de justification d’adresse est « obligatoire pour les personnes ayant commis des infractions punies de dix ans d’emprisonnement et en état de récidive légale », rappellent Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti. Ils constatent cependant que « les magistrats omettent parfois » de le préciser, « si bien que le nombre de personnes inscrites au FIJAISV et qui répondent à ce régime est inférieur à ce qu’il devrait être si le droit était correctement appliqué ». Ainsi, « seules 14 personnes inscrites au FIJAISV font l’objet d’un suivi mensuel obligatoire », alors que le fichier compte « 54 900 personnes ». Les députés proposent de « permettre au service du Casier judiciaire national d’appliquer un suivi mensuel des personnes qui doivent y être obligatoirement soumises ».


Ils indiquent par ailleurs que ce fichier « est à l’origine d’un malaise certain au sein des forces de l’ordre » et d’un « découragement ». Cela est notamment lié au fait que « les personnes défaillantes, lorsqu’elles sont finalement retrouvées, ne subissent pas la peine de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende » prévue par le code de procédure pénale pour défaut de justification d’adresse. Le fichier répond en outre à un régime déclaratoire et contient donc des adresses fausses ou incomplètes, « ce qui rend la tâche des policiers plus complexe ». Il n’est « pas parfaitement à jour », puisque les juridictions « connaissent d’importants retards dans l’inscription des personnes au FIJAISV. À ce jour, il s’écoule en moyenne 110 jours entre la décision judiciaire et l’inscription proprement dite », affirment-ils, précisant que « 50 % des décisions sont toutefois enregistrées dans les deux semaines qui suivent la décision judiciaire »

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Il avait violé une fillette huit mois après sa sortie de prison

Le Parisien, 7 décembre 2011

Gérard Larzillière, 50 ans, comparaît ce matin pour avoir enlevé, séquestré et violé une fillette, huit mois après sa sortie de prison. L’homme était placé sous contrôle judiciaire après avoir purgé une peine pour agression sexuelle sur une enfant de 4 ans. Malgré ses antécédents, il ne sera pas jugé en état de récidive, ce qui aurait pu aggraver la peine encourue.

« Il avait été précédemment condamné pour agression sexuelle, ce qui est un délit, alors qu’il est renvoyé aux assises pour viol, un crime. La récidive peut s’appliquer de crime à crime ou de délit à délit mais pas d’un délit à un crime, même s’il s’agit de faits de même nature », explique une source judiciaire (…).

« C’est un prédateur. Même en liberté conditionnelle il ne parvient pas à se maîtriser », clame Me Gardien, avocat de la victime (…).

« Mon client est un malade, il ne parvient pas à mettre des mots sur ses actes, mais il a des regrets », affirme Me Grégory Hanson, son avocat.

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Marseille : le stade aux mains des voyous

La Provence, 25 novembre 2011

Ils privent des dizaines de gamins de terrain de foot, car le trophée remporté par ces petits délinquants c’est… un stade municipal (…) fermé à la suite de nouvelles agressions sur des agents municipaux (…).

Après le parking « volé » de la porte d’Aix, un nouvel équipement collectif est donc bien confisqué par une bande de voyous (…).

Le 2 novembre, la maison de fonction du gardien a été criblée de balles de 12 et 9 millimètres tirées depuis le toit du gymnase (…). Il ne s’agissait là que du dernier épisode de la guérilla que certains jeunes de la cité Benza livrent depuis des mois pour s’approprier le gymnase municipal afin d’en user à leur guise. Terrorisé, déboussolé et logé à l’hôtel depuis cette agression, le gardien est revenu sur les lieux, mardi dernier. »Les mêmes jeunes sont revenus. Ils étaient une vingtaine. Ils m’ont insulté, encerclé et bombardé de cailloux« , raconte M. Agoubi (…)

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La récidive n’est pas la priorité des psychiatres

Le Figaro, 22 novembre 2011

La moitié des médecins chargés du suivi des délinquants sexuels ne connaissent pas les médicaments dits «freinateurs de la libido» :
«Pourtant, souligne l’un des auteurs, Alexandre Baratta, psychiatre au centre hospitalier de Sarreguemines (Moselle), et expert près la cour d’appel de Metz, ces molécules ne sont pas très nombreuses, il n’en existe que deux …»

Ces travaux mettent en réalité en lumière toute la réticence de principe des psychiatres sur la castration chimique, bien que ces traitements aient désormais été recommandés par la Haute Autorité de santé.

L’enquête, réalisée dans différents services hospitaliers répartis dans toute la France, souligne que les psychiatres chargés du suivi des délinquants sexuels, même dans un cadre judiciaire, se situent principalement du point de vue de leur patient – un patient particulier car il a été contraint par le juge à se soigner.

«Dans de trop nombreux cas , explique Alexandre Baratta, le médecin se contente de recevoir le délinquant sexuel qui lui-même vient pour que lui soit délivrée une attestation de suivi qu’il devra remettre à la justice

Les délinquants sexuels font en effet souvent l’objet d’une «injonction de soin» de la part du juge, par exemple à la sortie de prison. Dans ce cas, pour préserver le secret médical, un médecin «coordonnateur» est désigné, chargé de veiller pour le compte de la justice à ce que le traitement ait lieu. Mais le médecin traitant reste le seul maître. Or, selon ces travaux, les psychothérapies classiques, seules, ne sont pas efficaces contre la récidive.

Comment les médecins, en particulier les psychiatres, évaluent-ils le risque de récidive des auteurs de violences sexuelles?

Les praticiens auraient des connaissances cliniques, criminolo­giques et juridiques insuffisantes en la matière et il conviendrait de mieux les former.

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Témoignage de Morgane Vallée, première victime de Manuel Da Cruz

Europe 1, 3 novembre 2011

(…) Courageusement, Morgane, aujourd’hui âgée de 24 ans, a décidé de venir témoigner au procès de Manuel Ribeiro Alves Da Cruz, qui s’est ouvert mercredi, devant le cour d’assise d’Évry, dans l’Essonne.

Le violeur récidiviste de 42 ans est accusé d’avoir enlevé, violé et assassiné Marie-Christine Hodeau (…). Un scénario qui trouve un certain écho auprès de Morgane. Cette jeune femme a elle aussi été violée par Manuel Ribeiro Alves Da Cruz, alors qu’elle n’était âgée que de 13 ans.

Pour ces faits, l’homme a été condamné, en 2002, à 11 ans de réclusion criminelle. Le récidiviste a bénéficié d’un aménagement de peine en étant placé sous liberté conditionnelle en 2007.

Alors que l’affaire de Marie-Christine Hodeau avait relancé le débat sur la récidive, Morgane avait témoigné de son « aberration ».

« Quand un violeur prend 11 ans, et qu’il est libéré au bout de 6 ans et demi, qu’il ne respecte pas, ni son traitement chimique, ni son suivi psychologique, il faudrait peut-être commencer à se poser des questions sur la mentalité et la dangerosité de l’individu », avait-elle souligné.

« C’est vraiment malheureux qu’on soit obligé d’attendre qu’il y ait des récidives et des meurtres pour enfin comprendre que la personne était dangereuse, enfin comprendre qu’il faudrait remanier le système judiciaire par rapport à ces gens. C’est révoltant, je ne trouve pas de mot » avait-elle ajouté, très émue par la nouvelle de la mort de Marie-Christine Hodeau.

La jeune femme avait reproché au système judiciaire de ne « pas punir correctement les violeurs », mais de seulement les « gronder ». « Les bracelets électroniques, ça devrait être obligatoire pour tous. Au moins on saura où ils se trouvent en temps et en heure. Peut-être que déjà, ça les ferait réfléchir à deux fois avant de faire n’importe quoi », avait-elle souligné (…).

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Un multi récidiviste âgé de 13 ans rackettait avec un couteau!

Nice Matin, 1 décembre

Il faisait partie des huit ados de « Cible d’état », une bande d’ados violents soupçonnés d’une vingtaine d’agressions à Nice en janvier dernier. Puis, en mai dernier, il est une nouvelle fois passé par la case justice après un vol avec violences au préjudice d’une personne âgée.

(…) Retors, déterminé, il a non seulement nié les faits mais a même, comme un voyou chevronné, refusé de répondre aux enquêteurs de la BRAV (brigade de répression des actions violentes) de la sûreté départementale.

Il a toutefois été formellement identifié tant par les policiers que par les victimes dont certaines ne sont âgées que de 11 ans !

L’ado a sévi avec un couteau de cuisine à une dizaine de reprises au cours du dernier mois.

(…) Avec cette arme blanche, il a racketté des gamins de son âge ou plus jeune pour leur extorquer leur téléphone, leur baladeur ou un bijou en or.

Il n’hésitait pas, lors de certains faits, à asséner un coup de poing pour se montrer convaincant. Mais, plus inquiétant, il est allé jusqu’à poursuivre jusque dans une boulangerie une victime récalcitrante. Il a également et surtout attaqué un bijoutier du quartier Trachel !

L’ado braqueur de 13 ans et 11 mois est ressorti avec une « babiole » que le commerçant lui a abandonnée pour s’en débarrasser.

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le bijoutier braqué a été mis en examen pour violence avec arme

Le Progrès, 19 novembre 2011

Le 15 octobre, Gilbert Lori avait tiré sur un des deux hommes venus le braquer dans sa bijouterie (…) Un juge d’instruction l’a mis en examen.

(…) C’est l’indignation qui le secouait au sortir du palais de justice de Lyon. Convoqué par la juge d’instruction Florence Marques, le bijoutier, installé depuis 1974 place Curial à Bron, venait d’apprendre sa mise en examen pour violence volontaire avec arme ayant entraîné une incapacité de plus de huit jours. Il a été placé sous contrôle judiciaire.


« Dans cette affaire, c’est moi la victime ! Je me suis retrouvé, dans mon magasin, face à des types armés. Oui j’ai tiré, mais pour sauver ma peau ».

(…) Mais le commerçant et sa femme subissent également des violences verbales, des menaces de mort, de la part de types qui n’ont pas l’air d’apprécier le sort réservé aux deux braqueurs. « Sale p., on va te faire à la kalachnikov, voilà ce que m’a femme a entendu. Moi je me suis fait traiter de bâtard raciste, d’enc. de Français. Ils viennent cracher sur la vitrine de mon magasin » s’emporte le futur retraité, qui voit avec soulagement arriver la fin de l’année. Il doit cesser son activité le 31 décembre.

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Les faits divers qui ont fait avancer la justice

Le Figaro, 22 novembre 2011

De l’affaire Guy Georges en 1998 au meurtre d’Agnès Marin, de nombreuses lois sur les crimes sexuels ont été votées après des drames retentissants. Retour près de 15 années de légifération sous le coup de l’émotion.

1998 : affaires Guy Georges et Jourdain

(…) Elisabeth Guigou, qui fait voter le 17 juin la loi sur la «prévention et la répression des infractions sexuelles». Le texte instaure le «suivi socio-judiciaire», qui permet au juge d’obliger un délinquant ou un criminel sexuel à se soumettre à des mesures de contrôle après sa détention. Celles-ci peuvent prendre la forme d’une injonction de soins, auxquels le condamné doit toutefois consentir. La même loi crée un fichier national des empreintes génétiques des délinquants sexuels.

2004 : affaires Bodein et Fourniret

La loi Perben II crée un fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

2005 : affaires Trémeau et Cayez

Une nouvelle loi anti-récidive est votée. Elle crée la possibilité de placer, dans le cadre du suivi socio-judiciaire, les délinquants sexuels les plus dangereux sous bracelet électronique

Ce dispositif sera complété en 2007, par la loi Dati qui invente les «peines-plancher» pour les récidivistes

2007 : affaires Devé-Oglou et Evrard

Rachida Dati fait voter une loi créant la «rétention de sûreté». Les criminels jugés dangereux seront désormais, à l’issue de leur peine, placés dans des centres médico-judicaires fermés.

2010-2011 : affaires Penin, Meilhon et Marin

«La récidive criminelle n’est pas une fatalité», assène Nicolas Sarkozy après ce dernier drame. Ces propos ne seront pas immédiatement suivis d’un loi mais le chef de l’État charge alors le député UMP Eric Ciotti d’un rapport sur l’exécution des peines. Parmi ses 50 propositions, la suppression des réductions automatiques de peines et une une augmentation du nombre des places en prison

Après l’assassinat d’Agnès, 14 ans, dans un collège-lycée de Chambon-sur-Lignon, le gouvernement annonce une série de mesures : placement en Centre d’éducation fermé (CEF) de tout mineur soupçonné «d’un crime sexuel particulièrement grave», évaluation «pluridisciplinaire» de la dangerosité, accroissement du partage d’informations entre professionnels. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, relance par ailleurs le débat sur une réforme de la justice des mineurs, dont il promet qu’elle sera «une des priorités» après les élections de 2012.

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Mort d’Agnès Marin : la première victime savait qu’il allait recommencer

Le Parisien, 21 novembre 2011

« Miraculée, encore plus qu’auparavant ». C’est en ces termes que l’avocate de la jeune fille violée dans le Gard en août 2010 a décrit l’état d’esprit de sa cliente. Âgée de 16 ans au moment des faits, elle avait été agressée par le meurtrier présumé d’Agnès.

(…) Un peu plus tôt dans la journée, l’un des membres de la famille de cette jeune fille s’était interrogé: « Comment a-t-on pu remettre ce monstre en liberté ? », a ainsi dénoncé Alain Diaz. « Ma cousine a vécu le même drame qu’Agnès. Il avait préparé la même chose. Elle a été violée avec des objets, attachée, bâillonnée. Et elle aurait été tuée si sa mère ne l’avait pas appelée au téléphone », a t-il expliqué, trouvant « indécente » la décision du juge d’instruction d’avoir remis en liberté le suspect.

Agé de 16 ans au moment de ces premiers faits, l’adolescent, toujours en attente de jugement dans cette affaire, a effectué quatre mois de détention provisoire avant d’être placé sous contrôle judiciaire fin 2010 avec interdiction de séjourner dans le Gard. C’est pour cette raison qu’il est parti en Haute-Loire au collège-lycée Cévenol.

« La justice ne fait rien pour les victimes, a déploré Alain Diaz. Pourtant, on savait qu’il allait recommencer s’il sortait. Elle laisse une bête dans les rues »

« Maintenant quand je vois la famille d’Agnès détruite, je m’en veux de ne pas avoir parlé car ça aurait peut-être permis d’empêcher ça », a-t-il conclu.

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