La Croix, Le 3 novembre 2010 :
Nous avons interrogé trois anciens détenus. Chacun a son idée sur ce qui aurait pu l’empêcher de devenir un voyou. Témoignages.
Manu, 37 ans, l’avoue sans détour : « Avec moi, on a tout essayé : placement en famille d’accueil, suivi par un éducateur, rappel à la loi… Autant le dire, ça ne m’a fait ni chaud ni froid ! » Sa première condamnation à de la prison ferme n’y a rien changé :
« à 16 ans, après une quarantaine de cambriolages, j’ai écopé d’un mois derrière les barreaux. C’était tellement ridicule que je crois même pouvoir dire que ça m’a incité à continuer… »
Quelques mois plus tard, une seconde sanction tombe : un mois ferme. L’adolescent persiste, restant sourd aux mises en garde de son avocat, conscient, lui, que le tribunal finirait par avoir la main lourde. « J’ai continué mes cambriolages mais quelques jours après mes 18 ans, j’ai pris pour trois ans de prison, et là j’ai compris que ma vie basculait… » se souvient l’intéressé.
Il a fallu cette lourde peine pour que Manu change du tout au tout. Aujourd’hui père de famille, « très strict » souligne-t-il, l’ancien délinquant prône des « peines proportionnées au délit commis ».
« Il faut en finir avec les petites peines symboliques, en total décalage avec les délits commis, assure-t-il. Il faut des peines lourdes, connues de tous et auxquelles on sait qu’on ne pourra pas échapper. »


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Constats d’anciens detenus … Sans doute les mieux placés pour donner une opinion…