Paris Match, 4 mars 2011
(…) Ils n’ont plus peur du mitard ! Avant, si un surveillant était malmené ils y allaient illico pour quarante-cinq jours, sans télé, avec une seule heure de promenade.
Aujourd’hui, on ne peut pas dépasser trente jours, ils ont un lit convenable et la radio. Résultat : ils nous toisent et y foncent d’eux-mêmes ! »
(…) La drogue ? « On la sent dans la cellule, on le sait au faciès du détenu, on fait un rapport au supérieur. Dire que ça sert à quelque chose… »
« Cela fait partie de notre boulot de veiller à ce que la prison reste un lieu laïque, hors de tout endoctrinement. Si l’un se met à prier très fort, on en rend compte. Dans la mesure du possible, on essaie de ne pas mettre un islamiste avec un athée, un fumeur avec un non-fumeur. Mais avec le problème de la surpopulation… »


C’est bien qu’un surveillant de prison témoigne du climat qui règne dans la prison où il travaille. Bien qu’il soit soumis à l’obligation de réserve, il a raison de dire aux français la réalité de son métier. J’aimerais recevoir plus de témoignage de ce genre en provenance de différentes prisons. Une bonne politique carcérale n’est possible que si elle s’adapte aux réalités mouvantes des centrales et des maisons d’arrêt. J’invite les syndicats de l’ administration pénitentiaire à informer honnêtement les citoyens de la réalité de ce milieu très fermé.