Badinter: « Pour l’opinion, j’étais le ministre des criminels »

Le Journal Du Dimanche, 21 mars 2011

Vous avez été ministre de la Justice de 1981 à 1986.

Lorsque je suis devenu ministre de la Justice, en 1981, à l’âge de 52 ans, j’étais professeur de droit et avocat depuis trente ans. J’étais prêt mais, avec le recul, je me rends compte que ce n’était pas un choix facile pour François Mitterrand. Car, pour l’opinion publique, j’étais l’avocat des assassins. En réalité, j’avais fondé, avec Jean-Denis Bredin, un cabinet de droit civil. Peu importait. On ne me voyait qu’à travers les affaires d’auteurs de crimes atroces qui avaient échappé à la peine de mort. J’étais convaincu que je ne disposais que de cent jours.

On a aboli la peine de mort, on a supprimé la Cour de sûreté de l’État, les tribunaux militaires, la loi anticasseurs, dépénalisé l’homosexualité… Tout cela a coïncidé avec une loi d’amnistie généreuse. J’étais devenu le ministre des criminels.

Vous êtes pour une justice de réinsertion?

Il existe fondamentalement deux types de justice: celle qui vise à l’élimination et celle qui vise à la réinsertion. Je suis un disciple de Condorcet et je crois que les êtres humains peuvent changer par l’éducation, la formation et retrouver le chemin de la société libre. Tous les détenus finissent par sortir. Il faut tout mettre en œuvre, dès le début de la détention, pour qu’ils puissent un jour retrouver une place dans la société. Ce n’est pas facile, mais c’est la meilleure prévention contre la récidive.

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6 réponses à Badinter: « Pour l’opinion, j’étais le ministre des criminels »

  1. 576 LESAGISTE dit :

    30 ans après l’abolition de la peine de mort, la société a changé. Elle est devenu plus violente.
    L’élimination des individus les plus dangereux pour la société redevient d’actualité. Tôt ou tard un élu proposera le rétablissement de la peine de mort pour les monstres de cruauté. Les mentalités ne sont pas encore prêtes mais cela viendra un jour. Il existe des bandits irrécupérables même après 30 ans de prison.

    • 582 olivier dit :

      Donner une chance à quelqu’un afin qu’il puisse se rattraper, et suivant le cas! pourquoi pas. Mais, malgré ce, en cas d’échec et de récidive, terminé, je ne suis plus d’accord.
      Je suis absolument contre la suppression des peines, et pour la peine de mort, lorsque toutes les preuves sont rassemblées.
      La vie est mal faite. Mais c’est ainsi naturellement dans le monde ou nous vivons, en tout et pour tout.

      Le tsoudami vient d’illuminer, des milliers de pauvres gens, qui pour la plus part n’avaient rien fait de mal et ne méritaient pas ce sort injuste.
      Est il préférable de laisser; un contaminé ou un pervers se noyer ( même s’il est née ainsi) ou faut il sacrifier des tas de sauveteurs dont le cout sera exorbitant, sachant que ces personnes ne vont devenir victimes à leur tour?
      Tous les jours des centaines de braves gens disparaissent injustement laissant derrière eux des tas de malheureux brisés, qui ne se défouleront sur personne.
      Je n’ai guère de pitié pour celui qui délibérément, et pour qu’elle cause que se soit, cherche à nuire, à faire du mal.
      Nous assistons ou subissons, quotidiennement, impuissants à une banalisation des violences.
      Il faut tolérer, on trouvera toujours une excuse et cela devient banalité, lâche et absurde.
      Face à ce manque de fermeté, il n’y a plus assez de moyens pour tenter de récupérer tout ces individus qui ne souhaitent statistiquement pas s’en sortir.
      Que d’énergie gaspillée, que de million et de millions jetés depuis des années. Mais c’est trop tard.
      Résultat; l’éducation, et la justice, prisonnières de leurs idéos sont devenus des institutions très couteuses et inefficaces

      Notre société périclite, s’atrophie, dégénère et va se précipiter vers un déclin inévitable et ceci encouragé par une lâcheté politiques refusant d’admettre la réalité et surtout d’y remédier.

  2. 578 Robert Marchenoir dit :

    On a supprimé les tribunaux militaires, mais pas les tribunaux administratifs, ni les tribunaux de la Sécurité sociale. Comme c’est curieux…

    L’hydre fonctionnariste se juge elle-même, à l’exception des militaires, qui sont estimés moins dignes de confiance que les détourneurs de fonds de la Sécurité sociale.

  3. 579 Justice & Sécurité dit :

    Bonjour Robert Marchenoir, welcome back !

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