Un policier de la BAC témoigne et dénonce ses conditions de travail

Pensée policière, 10 janvier 2012

Denis est policier à la Brigade anticriminalité (BAC). Il fait partie des hommes envoyés en renfort à Grenoble où des policiers sont menacés de mort par des caïds de cité. Il a accepté de témoigner pour Le Point.fr sous couvert d’anonymat. Édifiant.

“Nos collègues de Grenoble ont leur nom et prénom tagués sur les murs du quartier de la Villeneuve. Et la seule réponse du ministère, c’est de les mettre au repos ou de les muter. Je suis dans la BAC depuis 10 ans. Aujourd’hui, je suis écoeuré. Une fois encore, on se couche devant les caïds. On nous a donné l’ordre de ne plus patrouiller en civil, de remettre nos uniformes pour ne pas être identifiés comme un flic de la BAC. C’est désastreux pour l’image. Les petits caïds se disent dans leur tête que les flics ont peur, qu’ils reculent. Parmi les policiers exfiltrés, il y a un major à deux mois de la retraite avec 15 ans de BAC derrière lui. C’est la honte.”

(…) Hier, on est tombé sur un type qui était au téléphone quand on s’est approché pour le contrôler. Je m’adresse à lui en le vouvoyant pour lui demander de mettre fin à sa conversation téléphonique, il me répond en me tutoyant : “Tu es qui toi pour me demander de m’arrêter de téléphoner. Personne ne me contrôle ici.”(…)

Il faut arrêter de verbaliser le citoyen lambda et s’attaquer aux caïds, aux dealers, aux braqueurs. Quand un jeune de 20 ans roule dans une X6 qui coûte 120.000 euros et qu’il ne travaille pas, c’est à lui qu’il faut confisquer la voiture sur le bord de la route.”

(…) Après 15 ans de police, sans le moindre problème, je me suis retrouvé du jour au lendemain mis en garde à vue, perquisitionné à mon domicile parce qu’un individu de cité, multirécidiviste, m’avait accusé de l’avoir agressé. Ce qui était faux. Mon service de nuit à peine terminé, je me suis retrouvé en garde à vue, puis mis en examen par le doyen des juges d’instruction. Pourtant, je suis un des flics les plus décorés de ma génération. Le doyen en question qui n’avait jamais mis les pieds dans un commissariat, ni même dans une voiture de flic m’expliquait comment il fallait que j’intervienne sur la voie publique. J’ai été suspendu durant neuf mois, privé de salaire. Je vivais avec 300 euros par mois. Si je ne suis pas mis une bastos dans la tête, c’est parce que mes proches m’ont soutenu. Au bout du compte, j’ai été relaxé par le tribunal. La parole d’un flic aujourd’hui ne vaut rien. Ni devant un jeune de cité, ni devant un juge, ni devant un élu. Le flic est un sous-citoyen.”

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6 réponses à Un policier de la BAC témoigne et dénonce ses conditions de travail

  1. 1533 Ydel dit :

    triste réalité d’un metier de plus en plus difficile ! :o (

  2. 1645 Greg dit :

    Même si nombre de gens critique la police, ces mêmes personnes sont tout de même bien contentes qu’elle existe et critiquent même son inefficacité et son manque de moyens…

  3. 1660 thomas dit :

    Courage Denis, tiens le coup. La B.A.C on vous aimes ne croyez pas aux apparences !!!

    Hector – Montpellier – 16ans

    J’espère être un jour un futur « baceux » pour vous aider & croyez-moi je ne craquerais
    J-A-M-A-I-S !

  4. 1925 Ghislain Dejoie dit :

    C’est lamentable et les voyous se jouent de la justice commandée par les politiques !
    La progression de la violence est exponentielle tout comme la répression sur les honnêtes citoyens qui commettent une « faute ».
    Hommes politique, justice, voyous : ils ont des droits
    Toi et moi, petits citoyens de base : nous avons des devoirs !
    Si la police ne peut plus faire normalement son travail qui consiste, entre autre, d’assurer notre sécurité : pouvons-nous nous appuyer sur un texte de loi ou de la constitution pour nous protéger nous même ?

  5. 1937 Hervau dit :

    Tenez bon les Gars… l’avenir vous donnera raison… Les Faits sont têtus…
    Sur tout le territoire National les informations même filtrées confirment
    ce que vous dénonçez.
    SI VIS PACEM PARA BELLUM

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