Publié le 8 décembre 2011
Europe 1, 3 novembre 2011
(…) Courageusement, Morgane, aujourd’hui âgée de 24 ans, a décidé de venir témoigner au procès de Manuel Ribeiro Alves Da Cruz, qui s’est ouvert mercredi, devant le cour d’assise d’Évry, dans l’Essonne.
Le violeur récidiviste de 42 ans est accusé d’avoir enlevé, violé et assassiné Marie-Christine Hodeau (…). Un scénario qui trouve un certain écho auprès de Morgane. Cette jeune femme a elle aussi été violée par Manuel Ribeiro Alves Da Cruz, alors qu’elle n’était âgée que de 13 ans.
Pour ces faits, l’homme a été condamné, en 2002, à 11 ans de réclusion criminelle. Le récidiviste a bénéficié d’un aménagement de peine en étant placé sous liberté conditionnelle en 2007.
Alors que l’affaire de Marie-Christine Hodeau avait relancé le débat sur la récidive, Morgane avait témoigné de son « aberration ».
« Quand un violeur prend 11 ans, et qu’il est libéré au bout de 6 ans et demi, qu’il ne respecte pas, ni son traitement chimique, ni son suivi psychologique, il faudrait peut-être commencer à se poser des questions sur la mentalité et la dangerosité de l’individu », avait-elle souligné.
« C’est vraiment malheureux qu’on soit obligé d’attendre qu’il y ait des récidives et des meurtres pour enfin comprendre que la personne était dangereuse, enfin comprendre qu’il faudrait remanier le système judiciaire par rapport à ces gens. C’est révoltant, je ne trouve pas de mot » avait-elle ajouté, très émue par la nouvelle de la mort de Marie-Christine Hodeau.
La jeune femme avait reproché au système judiciaire de ne « pas punir correctement les violeurs », mais de seulement les « gronder ». « Les bracelets électroniques, ça devrait être obligatoire pour tous. Au moins on saura où ils se trouvent en temps et en heure. Peut-être que déjà, ça les ferait réfléchir à deux fois avant de faire n’importe quoi », avait-elle souligné (…).
Publié le 8 décembre 2011
Nice Matin, 1 décembre
Il faisait partie des huit ados de « Cible d’état », une bande d’ados violents soupçonnés d’une vingtaine d’agressions à Nice en janvier dernier. Puis, en mai dernier, il est une nouvelle fois passé par la case justice après un vol avec violences au préjudice d’une personne âgée.
(…) Retors, déterminé, il a non seulement nié les faits mais a même, comme un voyou chevronné, refusé de répondre aux enquêteurs de la BRAV (brigade de répression des actions violentes) de la sûreté départementale.
Il a toutefois été formellement identifié tant par les policiers que par les victimes dont certaines ne sont âgées que de 11 ans !
L’ado a sévi avec un couteau de cuisine à une dizaine de reprises au cours du dernier mois.
(…) Avec cette arme blanche, il a racketté des gamins de son âge ou plus jeune pour leur extorquer leur téléphone, leur baladeur ou un bijou en or.
Il n’hésitait pas, lors de certains faits, à asséner un coup de poing pour se montrer convaincant. Mais, plus inquiétant, il est allé jusqu’à poursuivre jusque dans une boulangerie une victime récalcitrante. Il a également et surtout attaqué un bijoutier du quartier Trachel !
L’ado braqueur de 13 ans et 11 mois est ressorti avec une « babiole » que le commerçant lui a abandonnée pour s’en débarrasser.
Publié le 8 décembre 2011
Le Progrès, 19 novembre 2011
Le 15 octobre, Gilbert Lori avait tiré sur un des deux hommes venus le braquer dans sa bijouterie (…) Un juge d’instruction l’a mis en examen.
(…) C’est l’indignation qui le secouait au sortir du palais de justice de Lyon. Convoqué par la juge d’instruction Florence Marques, le bijoutier, installé depuis 1974 place Curial à Bron, venait d’apprendre sa mise en examen pour violence volontaire avec arme ayant entraîné une incapacité de plus de huit jours. Il a été placé sous contrôle judiciaire.
« Dans cette affaire, c’est moi la victime ! Je me suis retrouvé, dans mon magasin, face à des types armés. Oui j’ai tiré, mais pour sauver ma peau ».
(…) Mais le commerçant et sa femme subissent également des violences verbales, des menaces de mort, de la part de types qui n’ont pas l’air d’apprécier le sort réservé aux deux braqueurs. « Sale p., on va te faire à la kalachnikov, voilà ce que m’a femme a entendu. Moi je me suis fait traiter de bâtard raciste, d’enc. de Français. Ils viennent cracher sur la vitrine de mon magasin » s’emporte le futur retraité, qui voit avec soulagement arriver la fin de l’année. Il doit cesser son activité le 31 décembre.
Publié le 29 novembre 2011
Le Figaro, 22 novembre 2011
De l’affaire Guy Georges en 1998 au meurtre d’Agnès Marin, de nombreuses lois sur les crimes sexuels ont été votées après des drames retentissants. Retour près de 15 années de légifération sous le coup de l’émotion.
1998 : affaires Guy Georges et Jourdain
(…) Elisabeth Guigou, qui fait voter le 17 juin la loi sur la «prévention et la répression des infractions sexuelles». Le texte instaure le «suivi socio-judiciaire», qui permet au juge d’obliger un délinquant ou un criminel sexuel à se soumettre à des mesures de contrôle après sa détention. Celles-ci peuvent prendre la forme d’une injonction de soins, auxquels le condamné doit toutefois consentir. La même loi crée un fichier national des empreintes génétiques des délinquants sexuels.
2004 : affaires Bodein et Fourniret
La loi Perben II crée un fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
2005 : affaires Trémeau et Cayez
Une nouvelle loi anti-récidive est votée. Elle crée la possibilité de placer, dans le cadre du suivi socio-judiciaire, les délinquants sexuels les plus dangereux sous bracelet électronique
Ce dispositif sera complété en 2007, par la loi Dati qui invente les «peines-plancher» pour les récidivistes
2007 : affaires Devé-Oglou et Evrard
Rachida Dati fait voter une loi créant la «rétention de sûreté». Les criminels jugés dangereux seront désormais, à l’issue de leur peine, placés dans des centres médico-judicaires fermés.
2010-2011 : affaires Penin, Meilhon et Marin
«La récidive criminelle n’est pas une fatalité», assène Nicolas Sarkozy après ce dernier drame. Ces propos ne seront pas immédiatement suivis d’un loi mais le chef de l’État charge alors le député UMP Eric Ciotti d’un rapport sur l’exécution des peines. Parmi ses 50 propositions, la suppression des réductions automatiques de peines et une une augmentation du nombre des places en prison
Après l’assassinat d’Agnès, 14 ans, dans un collège-lycée de Chambon-sur-Lignon, le gouvernement annonce une série de mesures : placement en Centre d’éducation fermé (CEF) de tout mineur soupçonné «d’un crime sexuel particulièrement grave», évaluation «pluridisciplinaire» de la dangerosité, accroissement du partage d’informations entre professionnels. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, relance par ailleurs le débat sur une réforme de la justice des mineurs, dont il promet qu’elle sera «une des priorités» après les élections de 2012.
Publié le 29 novembre 2011
Le Parisien, 21 novembre 2011
« Miraculée, encore plus qu’auparavant ». C’est en ces termes que l’avocate de la jeune fille violée dans le Gard en août 2010 a décrit l’état d’esprit de sa cliente. Âgée de 16 ans au moment des faits, elle avait été agressée par le meurtrier présumé d’Agnès.
(…) Un peu plus tôt dans la journée, l’un des membres de la famille de cette jeune fille s’était interrogé: « Comment a-t-on pu remettre ce monstre en liberté ? », a ainsi dénoncé Alain Diaz. « Ma cousine a vécu le même drame qu’Agnès. Il avait préparé la même chose. Elle a été violée avec des objets, attachée, bâillonnée. Et elle aurait été tuée si sa mère ne l’avait pas appelée au téléphone », a t-il expliqué, trouvant « indécente » la décision du juge d’instruction d’avoir remis en liberté le suspect.
Agé de 16 ans au moment de ces premiers faits, l’adolescent, toujours en attente de jugement dans cette affaire, a effectué quatre mois de détention provisoire avant d’être placé sous contrôle judiciaire fin 2010 avec interdiction de séjourner dans le Gard. C’est pour cette raison qu’il est parti en Haute-Loire au collège-lycée Cévenol.
« La justice ne fait rien pour les victimes, a déploré Alain Diaz. Pourtant, on savait qu’il allait recommencer s’il sortait. Elle laisse une bête dans les rues »
« Maintenant quand je vois la famille d’Agnès détruite, je m’en veux de ne pas avoir parlé car ça aurait peut-être permis d’empêcher ça », a-t-il conclu.
Publié le 16 novembre 2011
Le Figaro, 10 novembre 2011
(…) Manuel da Cruz a accueilli impassible mardi soir sa condamnation à la perpétuité pour l’enlèvement, la séquestration, le viol et l’assassinat de Marie-Christine Hodeau, le 28 septembre 2009 à Milly-la-Forêt (Essonne). Après trois heures de délibérés, la Cour a décidé de suivre en partie l’avocat général, qui réclamait la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté. Elle a également imposé un suivi socio-judiciaire pendant dix ans à sa sortie éventuelle de prison, avec injonction de soins. Elle n’a en revanche pas retenu la mesure de rétention de sûreté.
(…) «Il admet cette sanction, il se sent soulagé», a expliqué l’un des avocats de l’accusé, Me Damien Brossier. «Il appréhendait cette audience. Même s’il avait l’air impassible, tout cela a été une épreuve pour lui. Et même si la condamnation est lourde et longue, il y a un petit espoir (…) à condition qu’il effectue un véritable travail sur lui-même», a-t-il estimé, précisant que son client avait réellement des «regrets» par rapport à ce qu’il a fait.
Au cours de son réquisitoire, Me Dominique Polion avait expliqué : «On a qualifié ce procès de procès de la récidive. La justice a fait son travail. Les textes ont été effectivement appliqués».
Toutefois, il avait regretté «l’inadaptation totale de notre système judiciaire à assurer la sécurité» de la société.
Un peu plus tôt dans la journée, avant que le verdict ne tombe, Manuel da Cruz avait expliqué depuis son box : «J’espère que plus tard je pourrai avoir en face de moi des gens (psychologues) qui me feront comprendre pourquoi j’ai fais tout ça».
Publié le 28 octobre 2011
Nice Matin, 27 octobre 2011
Après 42 ans dans la pénitentiaire dont 13 comme directeur de la maison d’arrêt de Grasse, Paul Botella prend sa retraite. Et parle de l’univers carcéral sans langue de bois
Elle est souvent montrée du doigt et dénaturée par ceux qui ne la connaissent pas, le cinéma, les hommes politiques, les médias. Pendant des années, on n’a rien fait pour les prisons. Quand des élus ont été incarcérés, on a dit que la prison était la honte de la République et alors on a commencé à investir.
(…) Le problème c’est que, à droite comme à gauche, les élus ne veulent pas de prison sur leur commune. Ce n’est pas politiquement correct de détruire ou construire une prison. En France, on se pose des questions métaphysiques alors que, par exemple, en Catalogne on a construit une prison de 1 500 places en 22 mois.
Comment a évolué la relation entre surveillant et détenu ?
Dans le mauvais sens. J’ai connu – c’est peut-être difficile à comprendre – des détenus de parole à qui on pouvait faire confiance. Aujourd’hui, la population carcérale a changé avec des mineurs qui montent très rapidement dans la criminalité. Les détenus refusent plus l’autorité, sont violents, d’où la hausse des agressions sur le personnel.
Quelle réponse apportée ?
La prison est une micro société non hermétique – l’inverse serait dangereux – mais pas une zone de non-droit et on ne laisse pas le caïdat s’installer.
On insiste souvent sur les droits du détenu plus que sur ses devoirs : respecter le personnel, les autres détenus, payer la partie civile…
Publié le 28 octobre 2011
L’Express, 19 juillet 2011
Le meurtrier présumé de la joggeuse assassinée à Milly-la-Forêt (Essonne) en septembre 2009 sera jugé du 2 au 8 novembre devant la cour d’assises du département a déclaré ce mardi le parquet d’Evry.
Manuel Da Cruz, récidiviste de 48 ans, est soupçonné du viol et du meurtre de Marie-Christine Hodeau le 28 septembre 2009 alors qu’elle faisait son jogging. Il a été renvoyé devant les assises pour enlèvement, séquestration, viol et assassinat.
La victime, une assistante maternelle de 42 ans, avait été enfermée dans le coffre de la voiture de son agresseur mais avait réussi à téléphoner aux gendarmes et à donner le numéro d’immatriculation. Manuel Da Cruz a été interpellé peu après l’enlèvement.
Publié le 28 octobre 2011
Le Parisien, 19 octobre 2011
Anthony Draoui, le marginal recherché dans l’affaire de la joggeuse de 17 ans tuée en juin en Ardèche, a été jugé en son absence mardi dans un autre dossier, celui de l’agression de la gérante d’un salon de coiffure dans la Drôme.
Convoqué par le tribunal correctionnel de Valence, le prévenu de 20 ans ne s’est pas présenté. Il a été condamné en son absence à un an de prison ferme pour tentative de vol avec violence.
Il était convoqué pour avoir menacé le 21 juin la gérante d’un salon de coiffure de Saint-Rambert d’Albon «avec un épluche-légumes», en réclamant la caisse, le jour-même de la découverte du corps de la lycéenne disparue, selon le parquet.
(…) Originaire de la région et déjà connu pour des faits de violence, il avait pu être entendu le lendemain par les gendarmes avant d’être libéré, avec une convocation devant le tribunal correctionnel.
Publié le 28 octobre 2011
L’Express, 22 juin 2011
Des femmes qui partent faire leur jogging et qui ne reviennent pas. Ce type de disparitions se multiplie ces dernières années. Dans la plupart des cas, il s’agit d’enlèvements.
Si le scénario de la séquestration est différent d’un cas à l’autre, au final, l’épilogue s’avère souvent tragique.
Le dernier cas en date est celui de la disparition de Marie-Jeanne Meyer samedi dernier (…).
Publié le 25 octobre 2011
Libération, 25 octobre 2011
Depuis le 2 août, la loi oblige le juge des libertés et de la détention (JLD) à se prononcer sur la prolongation des hospitalisations psychiatriques sous contrainte.
Les JLD, au départ plutôt opposés à la loi, se mettent presque à la défendre. A l’image de Claire Hoareau, vice-présidente du tribunal de grande instance d’Evry (Essonne) : « Ici on fait venir des malades au palais, pas seulement pour des raisons pratiques, mais aussi symboliques. Il faut que les malades sachent précisément où ils sont. » Son avis sur son nouveau travail ? « Je trouve que ce n’est pas si mal. On arrive à trouver notre place comme juge. On écoute les malades, qui sont contents de venir parler, et c’est une bonne surprise.«
A t-elle-déjà fait des mainlevées ?
« Ce n’est pas très fréquent. Une fois, c’était un jeune homme qui avait été hospitalisé pour un épisode délirant.
En le voyant et en l’écoutant, on disait que ce n’était pas franchement idéal pour un jeune de 20 ans de rester à l’hôpital psychiatrique. Je l’ai fait sortir (…)
Publié le 25 octobre 2011
La Provence, jeudi 20 octobre
(…) Vers 23h30, Sébastien, 33 ans, sort du restaurant Il Primo, avenue Alexandre-Dumas (8e) avec sa compagne.
Un couple d’amis quitte l’établissement avec eux et montent dans une voiture. À peine le véhicule vient-il de démarrer que le moteur cale. Le début du cauchemar pour Sébastien et ses proches : « Un type derrière dans une Clio noire nous klaxonne, fait des appels de phare. Puis on voit quelqu’un arriver du côté passager. Il commence à taper sur la vitre. Finalement, il sort une énorme bombe de gaz lacrymogène et la vide dans l’habitacle par la vitre à moitié fermée. »
Les quatre amis sont pris au piège. Car la voiture ne redémarre que sur 30 mètres. Ils n’ont pas d’autre choix que de sortir. Là, un groupe de cinq jeunes gens surexcités leur font face. Une bagarre s’engage. Déjà très déséquilibrée, la rixe devient de plus en plus intenable pour les deux couples quand cinq nouveaux assaillants, venus d’une épicerie de nuit toute proche, rejoignent les agresseurs.
L’épouse de Sébastien est gazée à son tour, l’ami est roué de coups au sol. Mais c’est le nouveau marié qui reçoit les blessures les plus graves : « J’ai senti des mains qui me tenaient les bras. Puis un grand type d’origine africaine s’est placé derrière moi et j’ai senti quatre coups d’arme blanche me traverser la gorge. » Mesurant enfin l’ampleur des violences, les agresseurs se décident à relâcher leur étreinte.
Après une longue intervention chirurgicale, Sébastien est tiré d’affaire. Mais il garde une profonde rancoeur :
« Celui qui m’a donné le coup de cutter a été arrêté 20 minutes plus tard. Après 48 heures de garde à vue, il a été mis en examen pour violences avec arme et remis dehors. Je n’ai pas compris cette décision.
J’aime ma ville, mais il y a des endroits où je ne vais plus. Je me mets à la place des commerçants qui paient des loyers exorbitants et qui n’ont plus de clients (…)« .
Publié le 24 octobre 2011
France Soir, 12 octobre 2011
Un ancien animateur de centre de vacances est soupçonné d’une vingtaine d’agressions sexuelles et viols sur des enfants.
Incarcéré une première fois en Alsace, il a récidivé dans les Alpes-Maritimes alors qu’il était placé sous contrôle judiciaire.
Il se dit incapable de « maîtriser ses pulsions ». Les faits lui ont donné raison. Aurélien Jarrier, 35 ans, a récidivé à sa sortie de la prison de Colmar (Haut-Rhin) où il était incarcéré pour six agressions sexuelles présumées sur des mineurs de moins de 15 ans. Il était directeur d’un centre de vacances. Quelques mois plus tard, arrivé à Golfe-Juan, près de Cannes (Alpes-Maritimes), chez sa mère, il est parvenu à s’entourer d’enfants. Il s’est fait passer pour un « pédo-analyste » et aurait agressé 15 garçons âgés de 8 à 13 ans. Douze d’entre eux auraient été violés. Ces nouveaux faits l’ont conduit derrière les barreaux en septembre 2010 (…).
Publié le 24 octobre 2011
L’indépendant, 24 octobre 2011 
 
Pas de haine. Seulement de la dignité malgré le chagrin (…)
Et, au bout de 20 longues années de combat, ce sentiment qui fait monter les larmes aux yeux du docteur Roudil de livrer sa toute dernière bataille juridique. Presque une vie depuis ce jour indicible de 1991 où son épouse Anne-Marie a été brûlée vive par Michel Guibal (…).
Pourtant, 20 ans après, la troisième demande de libération conditionnelle de l’assassin qui lui a été accordée en juillet, a été, après appel du parquet, réexaminée par la chambre d’application des peines de Nancy ce lundi. La décision a été mise en délibéré au 21 novembre et, pour la famille de la victime et leur avocat Me Etienne Nicolau, sa libération ne fait désormais « plus de doute ».
« La désignation du docteur Lamothe pour mener une expertise psychiatrique du détenu, avait pour but de contrecarrer l’avis défavorable rendu par la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté.
Ce médecin, dans des écrits, affirme : « la récidive n’est pas un problème », « les récidivistes tuent moins que les proches », « la logique du risque zéro est une idée folle », « il faut prendre le risque de la sortie des condamnés », « la libération conditionnelle devrait être systématique » et « la solution n’est pas dans la mise à l’écart du criminel dangereux », s’indigne l’avocat.
« Il est scandaleux de ne pas tenir compte de cet avis alors que le législateur voulait qu’il s’impose. Lors de l’audience, le président a fait un compte rendu du dossier, sans évoquer à un seul moment l’avis de cette commission », renchérit Gérard Roudil. « Ni même l’avocat général qui ne requiert pas la libération de Michel Guibal mais ne s’y oppose pas. Pour eux, le risque n’est pas grave, sauf que ce ne sont pas eux qui le prennent. La justice joue à la roulette russe avec nous. Et puis ce qui nous choque c’est qu’il va travailler à la fabrication d’allume-feux. Imaginez si Guy Georges faisait sa réinsertion dans une coutellerie ! »
(…) «Il y a un enseignement à tirer de tout cela. On a beaucoup à apprendre du droit appliqué au Canada qui fait intervenir les familles des victimes dans le processus de libération conditionnelle. En France, le problème n’est pas résolu. Il y a un trop grand décalage entre la perpétuité prononcée par un jury populaire et la libération accordée sur un coin de table de façon opaque. 20 ans après, on n’existe plus. On n’a pas reconnu notre souffrance. Mais on est les seuls à mener cette procédure en France et peut-être cela permettra de changer les choses. » Parce qu’Anne-Marie est, elle, partie à perpétuité. Et que seule reste la souffrance
Publié le 17 octobre 2011
Le Figaro, 13 octobre 2011
Après avoir vécu le martyr, les habitants de la cité des Boullereaux, à Champigny-sur-Marne (94), peuvent souffler. La famille H., auteur d’une OPA sur les quatre tours du quartier pour faciliter son trafic de cannabis, passe désormais ses nuits en prison (…).
Les «clients» étaient pris en charge dès le pied des tours pour être orientés vers le dealer du jour, placé pour des raisons stratégiques au 6 ou 7e de la vingtaine d’étages (…).
Aux étages supérieurs se trouvaient les «nourrices», «chargées de stocker la drogue dans leur appartement et rémunérées 2000 euros par mois», puis encore plus haut, les appartements de repli en cas de course-poursuite avec les forces de l’ordre. «Des gens étaient même payés 300 euros pour passer la nuit sur des matelas posés dans les étages et guetter une éventuelle intervention policière» . Afin d’empêcher la progression des fonctionnaires, les trafiquants déployaient des trésors d’imagination : vitres des parties communes peintes en noir, lumières entourées de ruban adhésif sombre et même huile renversée sur les escaliers.
Au total, le trafic rapportait environ 30.000 euros par jour.
Désormais, les résidents ne sont plus obligés de débourser 10 euros pour utiliser l’ascenseur ou de se délester d’une partie de leurs courses pour être autorisés à rentrer chez eux.
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